mercredi 16 avril 2008

Day of the dead


2008 – USA – Steve Miner

http://www.imdb.com/title/tt0489018/


Quelle drôle d'idée, sans doute celle d'un producteur inspiré par le résultat plus que correct obtenu il y a deux ans grâce au remake de "Dawn of the dead", "Army of the dead", quelle drôle d'idée donc de présenter ce "Day of the dead" comme la version 2008 du 3éme volet de Romero.
Car à un ou deux noms propres, un silo à missiles, un gentil zombie et un savant fou près, on est très loin du compte.

Ici, aucun souffle épique, aucune étude de caractères au vitriol, aucun message sociétal, non, mais un petit survival horror plutôt rigolo, qui assume assez bien son absence de toute ambition autre que distractive.

Les adorateurs de Romero déversent leur bile sur les forums et crient au sacrilège, ils n'ont pas tort, mais on peut aussi passer outre et un bon moment. Quelques arguments pour se laisser aller.

Le film n'est pas trop fauché, et ne semble pas souffrir constamment de manque de moyens. Il est vrai que le casting n'a pas du coûter bien cher, les acteurs ne sortant visiblement pas de l'Actor's studio.

Des scènes de folie collective assez originale et plutôt bien menées. L'hôpital où convergent tous les futurs morts-vivants se transforme en quelques secondes un véritable lieu de fin du monde ou tout le monde se court après (même au plafond) pour se dévorer, sympa.

Du gore assumé, bien crade et bien saignant. Des effets spéciaux de maquillage d'un bon niveau et certainement quelques retouches numériques pour finaliser et surtout en quantité abondante.

Bref, rien d'incontournable, surtout oublier le titre, et sinon ressortez votre DVD du vrai "Day of the Dead".

mardi 25 mars 2008

I’m legend
Fin alternative

Je disais ici tout le mal que je pensais de la fin d «I’m Legend» et de son coté patriotique et nauséeux. L’édition américaine du DVD rattrape un peu le coup en proposant une fin alternative qui, même si elle s’éloigne toujours autant de la fin du roman, propose une vision plus intéressante en particulier dans le rapport hommes/zombis. Je vous laisse juges.

Diary of the dead


George is back !

Cinquième volet de la saga, «Diary of the dead» c’est un peu «La nuit des morts-vivants» rencontre «Le projet Blair witch». Un petit groupe d’étudiants en cinéma parti filmer une série Z d’horreur dans une forêt paumée se retrouve en confronté au début de l’apocalypse. Sortie prévue en juin 2008, voici pour attendre la bande-annonce ici, et en HD ici.

mardi 5 février 2008

Doomsday
The happening

The happening
2008 - USA/Inde - M. Night Shyamalan
http://www.imdb.com/title/tt0949731/

Doomsday
2008 - GB - Neil Marshall
http://www.imdb.com/title/tt0483607/

Décidément, la Sf est à l'heure de l'apocalypse après "Je suis une légende", voici deux projets qui arriveront bientôt sur nos écrans :

- Coté US, "The happening" est le nouveau film de M. Night Shyamalan. J'ai raconté ici tout le mal que je pensais de sa précédente incursion dans le f2fdm, mais Shyamalan est un cinéaste suffisamment original pour que l'on suive avec intérêt son nouvel opus. Le pitch : Une épidémie de suicides incompréhensible menace la survie de l'humanité. (Voir la bande annonce)
- Coté British, c'est Neil Marshall le réalisateur de "The Descent", un survival très sympathique, qui nous propose une fausse/vraie séquelle des "28 xxx plus tard": "Doomsday". Le pitch (d'après DVDRama) : Un terrible virus annihile 90 % des habitants en Écosse. Pour endiguer l'épidémie, le gouvernement anglais construit un mur infranchissable. L'Écosse est désormais un no man's land barbare et violent où les survivants sont coupés du monde.
Lorsque 30 ans plus tard, le même virus réapparaît au coeur de Londres, un commando de choc part en mission suicide rechercher un éventuel vaccin dans une Écosse contrôlée par des gangs rivaux... (Voir la bande annonce)

mardi 29 janvier 2008

I'm legend
Je suis une légende

2007 - USA - Francis Lawrence

http://www.imdb.com/title/tt0480249/

Dernier blockbuster en date, "Je suis une légende" se devait de figurer dans f2fdm, car derrière l'énorme machine Hollywoodienne, destinée à mettre une fois de plus Will Smith aux sommets des box-offices planétaires, tout le monde a reconnu la 3éme adaptation d'un des plus célèbres romans de Richard Matheson.

Après "The last man on earth" et "Le survivant" nous voici de retour dans un paysage de f2fdm familier. Ce n'est plus la banlieue Romaine ni Los Angeles, mais ce sont toujours les mêmes rues sidéralement vides, les mêmes embouteillages de voitures a l'abandon, l'icône post apocalyptique de la grande ville vidée de l'ensemble de ses habitants.

Pourtant en forçant l'attention, on commence à percevoir une couleur différente, des détails spectaculaires. Grâce à Photoshop, l'herbe est plus haute, les voitures sont plus poussiéreuses, les fenêtres cassées sont plus nombreuses. Un détail pourtant, les cadavres qui jonchaient les rues ont curieusement disparus. Ce film, c'est un peu comme de rentrer dans un vieil appartement que l'on visite de loin en loin, ce sont toujours les changements qui sautent aux yeux en premier.

Finalement, le problème des remakes c'est que l'on est obligés de les comparer à leurs prédécesseurs, et qu'il est difficile de les voir sans a priori (quel est l'intérêt de faire un remake de cette merde ? ou, à l'inverse, Il a osé toucher à ce chef d'œuvre !). Donc, en route pour une visite forcément un peu comparée, de New York après la fin du monde.

Le pari narratif de la 1ére partie à de quoi faire frissonner d'angoisse n'importe que réalisateur, en gros 3/4 d'heure avec un seul acteur qui se ballade et qui parle tout seul, et encore pas beaucoup (400 lignes de dialogue au total, contre plus ou moins 1000 en général).

La ou Ubaldo Ragona et Boris Sagal avaient déjà joué à fond sur l'aspect surréaliste des décors, Francis Lawrence passe le braquet supérieur coté spectaculaire. Chasse au cerf en plein Time Square, practice de golf sur l'aile d'un SR-71, forcément, comme disait le lapin de la pub Cassegrain "c'est la surenchère".

Donc, pas question ici de ballade, comme pour "L'armée des morts" (le récent remake de "Zombi"), l'ingrédient 'Action' est généreusement dosé et la visite se fera à fond de train. C'est peu être un peu dommage, rien de tel pour ne percevoir le vide que de le contempler. A cette tendance lourde du 'tout action' se greffe l'autre manie du moment, le scénario 'post-it'. A l'opposé du scénario 'twist & turn'("Le prestige" pour prendre un exemple récent), le scénario 'post-it' se caractérise par sa simplicité. C'était le cas du "Jours d'après", (après une catastrophe climatique, un père part à la recherche de son fils). Le scénario 'post-it' n'est pas en soi condamnable, car il ne nuit pas forcément au développement des personnages, il présente toutefois de gros risques en terme de manichéisme.

De ce point de vue, "Je suis une légende" est extrêmement décevant, tétanisé par le syndrome 'post 9/11', le film propose une version des zombies particulièrement pesante. A l'opposé de toute la démarche de Roméro ('Bub' dans le "Jour des morts") qui cherchait l'humanité dans les morts-vivants, ceux-ci sont ramenés au rôle d'épouvantail sortis du 1er fps venu. C'était déjà, l'approche suivie dans les "28 ... plus tard", des malades enragés obéissant à leurs pulsions les plus primaires, resservi aussi vite cela fait plus formaté que réfléchi. Bien sur, il y a les effets de maquillage numérique en plus. Mais c'est bête, ils ne sont pas franchement réussis. Donc, le zombi d'aujourd'hui est enragé, il est encore plus celui avec qui aucun dialogue n'est possible, celui qui ouvre grand sa bouche pour vous mordre, pour vous blesser. La synthèse parfaite de ce qui fait peur dans les sondages, insécurité, terrorisme...

Coté bonnes choses, il y en a aussi, Will Smith joue toute la partition de la vulnérabilité avec finesse. C'est quand le scénario explore le statut paradoxal du survivant, techniquement le meilleur puisqu'il est le dernier, mais en réalité menacé par la solitude et la folie ('I like Skreck'), que le film offre ses meilleurs moments.

La séquence d'ouverture est également très élégante, la scientifique interviewé sur le plateau du JT ne parle pas d'épidémie, de troubles à l'ordre publique, de cannibalisme ou de scènes d'hystérie collective mais annonce seulement qu'elle est maintenant sur de pouvoir guérir le cancer. Fondu sur un carton annonçant 'Trois ans plus tard' est une première vision d'apocalypse urbaine saisissante.

Le sous texte religieux est très présent. La fin déroge bien à la règle des deux versions précédentes, mais l'aspect christique est toujours aussi présent. Mélangé au patriotisme ultra affiché de la séquence de fin, il devient même assez écœurant : un portail blindé gardé par deux soldats en armes s'ouvre sur une "small town" de carte postale avec église et drapeau américain tout les 3 mètres. Quelques survivants ont su dresser un rempart entre leurs familles et la barbarie et ils peuvent regarder tranquillement leur stock de vielles cassettes de 'Fox News'. Beuh, je crois que je préfère encore les zombis.

mercredi 12 décembre 2007

Comment j'ai fêté la fin du monde
Cum mi-am petrecut sfarsitul lumii

2006 – Roumanie France - Catalin Mitulescu

http://www.imdb.com/title/tt0799991/

Je préviens tout de suite, ce film n’a de rapport avec la fin du monde que par son titre. Il ne s’agit absolument pas d’un f2fdm, mais les règles étant faites pour être transgressées, je ne vais pas me priver de parler d’un bon film sous le prétexte qu’il ne cadre pas avec la norme que j’ai moi-même édictée !

S’il ne parle pas de la fin du monde, ce film raconte en tous cas la fin d’un monde, celui de la Roumanie de Nicolae Ceausescu. Situé juste avant les évènements de décembre 1989, «Comment j'ai fêté la fin du monde» est une chronique très tendre de la vie d’un jeune garçon de 7 ans, Lalalilu, et de sa (très jolie) sœur Eva. Que ce soit la vie de famille, le lycée ou le voisinage, tout l’univers des deux personnages est en permanence sous la pression du régime. Ce poids n’est pas représenté sous la forme d’une dictature cruelle ou violente, mais plutôt comme une sorte de réserve dans les comportements, une hypocrisie provinciale ou la Securitate remplacerait le Quand dira-t-on.

La force du film est toute entière dans la subtilité de la narration, dans sa capacité à raconter sans jamais trop appuyer sur les explications, dans la finesse de la direction des jeunes acteurs et dans le mélange des genres, comédie romantique, critique sociale, chronique historique…

lundi 6 août 2007

Children of Men
Les Fils de l’homme

2006 – Japon – RU – USA – Alfonso Cuarón
http://french.imdb.com/title/tt0206634/


Décidément, après «28 semaines plus tard», les bons films d’anticipation viennent d’Angleterre. Alfonso Cuarón qui nous avait déjà offert le premier «vrai» film de la franchise «Harry Potter», synthétise dans sa dernière livraison toutes les tendances les plus déprimantes de notre société, livrant ainsi une œuvre très pessimiste mais néanmoins profondément humaniste.

The last one to die, please turn out the light

En terme de fin du monde, «Les fils de l’homme» propose une hypothèse originale et fascinante, les humains ne pouvant plus procréer, l’humanité et promise à sa fin, mais à long terme. Le film se situe 18 années après la dernière naissance. Les écoles, faute d’enfants, n’ont plus d’utilités, ce ne sont plus les doyens de l’humanité qui sont mis en avant, mais les personnes les plus jeunes. Dans ce contexte de crise, les pays occidentaux ont cédés aux crises les plus extrêmes, les Etats-Unis, l’Europe continentale et à feu et à sang, seule l’Angleterre, au prix d’une dictature militaire, maintient un semblant de paix civile. Mais à quel prix, attentats, politique ultra violente de lutte contre l’immigration clandestine, kits de suicides en vente libre dans les pharmacies, le film offre une vision post 9/11 des plus glauques.

Ce pitch est particulièrement titillant d’un point de vue intellectuel, difficile de ne pas se demander à quoi ressemblerait un monde ou personne n’a moins de 40, 60 ou 80 ans. Difficile de ne pas essayer d’imaginer à quel rythme disparaîtrait tout ce qui fait notre quotidien aujourd’hui. Quand sortirait le dernier film, la dernière voiture, à quoi ressemblerait une police, une armée de sexagénaires… Ce n’est pas l’un des moindres mérites de ce scénario que de nous amener à réfléchir ainsi.

No children. No future. No hope

En choisissant comme personnage principal un homme assez lambda, qui se voit forcer de choisir son camp et d’agir, Alfonso Cuarón ne fait que renforcer la tonalité politique de son message. Clive Owen est parfait dans ce rôle, au milieu d’un casting éblouissant, Julian Moore impeccable comme d’habitude et Michael Caine qui nous offre le bonheur d’un vrai rôle et pas d’un simple caméo.

Le réalisateur fait également le choix d’une approche très réaliste, très crédible de sa vision du futur. Une sorte de «Blade runner» à l’européenne, beaucoup moins spectaculaire, mais chargée d’un nombre insensé de détails, tous plus pertinents les uns que les autres, tags, affiches, clip vidéos passés en boucle dans les transports en communs, publicités télévisuelles, infos, éléments de décors ou de costumes font de «Children of men» un film complètement immersif.

Pour finir, il faut signaler que les scènes de guérilla urbaines sont d’un réalisme stupéfiant et d’une violence froide tout à fait saisissante. Booster d’effets digitaux, le réalisateur propose de longs plans séquences de combats, très lisibles, très réalistes et tout simplement très prenants.

jeudi 2 août 2007

28 weeks later
28 semaines plus tard


2007 – R.U. – Espagne - Juan Carlos Fresnadillo

http://www.imdb.com/title/tt0463854/


Il est rare qu’une suite surpasse l’original (vieux troll…), voici une des exceptions à la règle. «28 semaines plus tard» est la suite de «28 jours plus tard» que Danny Boyle réalisait en 2002. Le réalisateur de «Trainspotting» avait tenté un remake / hommage aux grands films de morts-vivants. Pari à moitié réussi, coté tout bon, un vivifiant rajeunissement du pitch : l’épidémie ne transforme plus les gens en zombies mais en fous furieux aux pulsions meurtrières (tendance démembrement à mains nues), comme ils ne sont pas morts, ils sont beaucoup plus rapides. Exit les créatures de Roméro qui carburent au Valium, bonjour les monstres Tour de France dopés à la Testostérone. Et, donc, comme ils ne sont pas morts, quand il n’y a plus rien à manger, ils meurent et l’infection s’éteint. Coté moins bon, un casting assez moyen et un scénario plutôt flemmard.

La suite commence en reprenant légèrement avant la fin du 1er film. Un groupe de survivants dans un cottage vont subir l’attaque de trop et se faire massacrer. Seul survivant, l’excellent Robert Carlyle qui ne réussit à fuir qu’en abandonnant sa femme. L’Angleterre est devenue un désert quasiment vide de tout habitant. Cut.

Toujours en avance d’une idée à la con, les USA (sous mandat de l’ONU) décident de repeupler un quartier de Londres en rapatriant des britanniques qui se trouvaient off-shore au moment de la crise. L’ami Carlyle (Don) fait donc venir ses deux ados de leurs vacances à Disneyland. Mais l’infection repart de plus belle et l’armée ne trouve comme solution que l’anéantissement pur et simple (ambiance : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens »). Pour les enfants, un petit groupe de civils et un membre des commandos commence alors une bonne partie de survival horor.

Le scénario est très simple, très linéaire, mais très bien fichu, il sait parfaitement utiliser un relativement petit nombre de protagonistes pour faire avancer l’histoire : la femme de Don, bien que mordue n’est pas morte, elle est devenue porteuse « saine » du virus, mais c’est elle qui va relancer la contagion. Don, tel Saturne, enragé à son tour poursuit ses enfants pour les dévorer…

Le gore est bien présent (dont une scène d’hélicoptère jumelle à Planet Terror de Roberto Rodriguez) et contribue bien à l’ambiance oppressante du film. Les moyens sont conséquents, décors urbains à l’abandon, digne du 93 pendant les émeutes et des FX plutôt convainquant.

Bref, sans rien révolutionner, «28 semaines plus tard», propose un film très efficace, assez intelligent et bien ancré dans notre époque. Plutôt pas mal.

vendredi 15 juin 2007

Def-Con 4


1984 – Canada – Paul Donovan

http://www.imdb.com/title/tt0087130/

Je parlais récemment dans un post sur «Resident Evil Apocalypse» des faiseurs de films qui réussissaient à engloutir des sommes phénoménales dans la production de film d'une médiocrité crasse par faute de toute ambition. Avec Def-Con 4, nous avons ici la démonstration de l'exemple inverse, des gens qui avaient des ambitions inverse à leur budget, et qui ont malgré tout, réfléchis intelligemment à la façon de le dépenser. C'est toute l'école du Z et de l'exploitation qui se retrouve dans ce genre de production : débrouillardise, créativité et culot.

Attention, le film est toutefois loin d'être un chef-d'œuvre incontournable, non, il est plutôt à classer du coté des petits nanars sympa, mais, malgré tout, se sent à chaque instant l'envie de faire du cinéma.

Petit rappel du pitch : Dans une station spatiale militaire bourrée de missiles nucléaires, trois astronautes assistent au début de la 3ème Guerre Mondiales. Ramené sur terre, ils sont confrontés à l'anarchie régnante, survivalistes solitaires, errants livrés à eux-mêmes, paramilitaires fascizoïdes, le retour au bercail va être difficile.

La partie la plus F2FDM du film, celle du début du conflit, est particulièrement bien menée. La vision des explosions nucléaires via les moniteurs de la station spatiale, suivie de la neige qui remplace les images de toutes les télévisions, pendant que l'équipage s'engueule pour savoir s'avoir s'il doit ou non drop the payload constitue un modèle d'ouverture.

La suite se gâte un peu, elle vise plutôt la récup post apocalyptique, genre «Mad Max» mâtiné de «survival horor» mais la bonne volonté de l'équipe chargée des décors est cruellement confrontée aux manques de moyens et ne réussie pas à relevé le niveau. Le casting des vilains se révèle également en faute. Ni le leader des paramilitaires, tout droit échappé d'un boys band, pas plus que son second (le soldat des Villages Peoples ?), ne sont crédibles, ne serait-ce qu'une seconde en méchants. Ni à priori en quoique ce soit d'ailleurs.

Toutefois, à qui sait bien regarder, le film offre sont lot de petits plaisirs visuels, de petites surprises et gagne la sympathie.

Vive Corman, Vive le Z.

jeudi 24 mai 2007

La Fin du monde
End of the world

1931 – France - Abel Gance

http://www.imdb.com/title/tt0021864/

Pas de pot, je trouve un vrai film «classique», en noir et blanc, des années 30 et qui parle de la fin du monde, je me dis que je vais relevé le niveau du blog et intéresser les cinéphiles hardcore et patatras c’est un gros navet !
Et oui, les daubes sont apparues en même temps que le cinéma !

Sur le papier, cela partait pourtant très bien ; réalisateur : Abel Gance, à qui l’on doit le «Napoléon d’Abel Gance», (un film ou la caméra bouge plus que dans un film de Tony Scott) un authentique chef-d’œuvre, ou «Un grand amour de Beethoven», un de mes films préférés avec Harry Baur.
Le pitch de départ est également assez simple, c’est en gros celui d’ «Armageddon», une comète filoche vers la Terre et va tout péter.

Mais il semble que M. Gance relevait alors d’une crise mystique car dans le traitement de son sujet il va greffer des sous intrigues d’une complexité incroyable ; le frère de l’astronome à l’origine de la découverte de la comète, un comédien spécialisé dans le rôle de Jésus devient fou à la suite d’une bagarre. Gance filme alors de longues scènes de délires rendues pénibles par le poids de pathos.
De plus, la petite amie du frère de l’astronome à l’origine de la découverte de la comète, est la proie d’un infâme homme d’affaire, ce vil millionnaire n’aura de cesse que de mettre des bâtons dans les roues au projet de «Société Universelle» que l’astronome souhaite promouvoir si la comète épargne la Terre.
Abel Gance bénéficie néanmoins d’une circonstance atténuante, le film date de 1931 et c’est un des (le ?) premiers films français parlants. Il faut savoir que ce passage du muet au parlant c’est fait d’une façon très brutales et bien souvent au prix de la qualité des films. Explication : en 1929 le cinéma est une industrie depuis presque vingt ans, les réalisateurs et les acteurs, guidés par des génies (Griffith, Chaplin, Lang, Murnau…) maîtrisent parfaitement la grammaire du muet. Le jeu des comédiens est passé de la pantomime des débuts à une subtilité incroyable. Le gros plan sur les visages permet de faire passer en finesse une vaste palette d’émotion. Le parlant va balayé tout cela d’un revers de la main, acculé par le public qui réclame du sonore à cors et à cris (sic), les producteurs basculent le plus rapidement possible tout leurs projets du muet au parlant, aux metteurs en scènes et aux acteurs de s’adapter. Il y aura de la casse, les réalisateurs doivent composer avec une cabine de prise de son grosse comme une caravane, des micros qui empêchent les acteurs de bouger, les comédiens ne peuvent plus recevoir d’indications de jeu pendant les prises et sont souvent exécrables. Les historiens du cinéma considèrent cette période comme maudite.
C'est sur la fin du film qu’Abel Gance rattrape un peu le coup : tour du monde de la panique,
et scènes de partouzes endiablées (on n’est pas chez Marc Dorcell non plus) relèvent un peu le niveau.
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